Un ferrailleur qui récupère des câbles dénudés en millberry se pose rarement la question du cours du cuivre au LME avant de charger son camion. La décision de stocker ou de vendre dépend d’un calcul plus terre-à-terre : le prix au kilo proposé par le négociant couvre-t-il le coût de tri, de stockage et le risque de baisse ?
En 2026, avec un cuivre qui évolue à des niveaux historiquement élevés au LME, ce calcul a changé de nature.
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Cuivre prix kilo en 2026 : le différentiel COMEX/LME change la donne
On raisonne souvent sur un seul « prix du cuivre », celui du LME. Sur le terrain, la réalité est plus compliquée. Depuis que les États-Unis ont instauré une surtaxe de 50 % sur certains produits cuivre semi-transformés (effective depuis le 1er août 2025), les stocks sur le COMEX ont explosé. Les opérateurs ont déplacé massivement du métal physique des entrepôts du LME vers New York pour anticiper un durcissement fiscal.
Pour quelqu’un qui stocke des ferrailles cuivre en France, cela signifie que le cours LME seul ne reflète plus la tension réelle du marché physique. La prime COMEX sert désormais de baromètre des anticipations de surtaxe américaine. Un calendrier de droits sur le cuivre raffiné est annoncé pour 2027-2028, ce qui maintient la pression.
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Concrètement, si vous vendez du cuivre dénudé ou des câbles triés à un négociant qui exporte vers les États-Unis, la prime qu’il peut vous reverser est supérieure à ce que suggère le seul prix LME. À l’inverse, un acheteur tourné vers le marché européen appliquera une décote liée à des stocks plus abondants hors Amérique du Nord.

Seuil de stockage du cuivre : pourquoi il n’existe pas de prix universel
Les banques ne s’alignent pas sur un scénario unique pour 2026. Certaines projections tablent sur une moyenne annuelle autour de 11 300 dollars la tonne, d’autres dépassent les 12 000 dollars. Cet écart rend absurde l’idée d’un seuil de stockage valable pour tous.
Le bon seuil dépend de votre structure de coûts, pas du cours mondial. Un artisan plombier qui accumule des chutes de tubes n’a pas les mêmes contraintes qu’un recycleur équipé d’une cisaille et d’un broyeur traitant plusieurs tonnes par mois.
Voici les variables qui déterminent votre propre seuil de déclenchement :
- Le coût de stockage réel : un local chauffé et sécurisé pour stocker du cuivre millberry coûte de l’argent. Si le loyer mensuel de votre espace de stockage dépasse la plus-value espérée sur la hausse du cours, vendre immédiatement reste la meilleure option.
- Le temps de tri et de dénudage : du câble non dénudé se négocie nettement moins cher au kilo que du cuivre propre. Le temps passé à préparer la matière a un coût, surtout si on travaille seul.
- La trésorerie disponible : stocker, c’est immobiliser du capital. Un ferrailleur qui a besoin de liquidités pour tourner n’a aucun intérêt à spéculer sur une hausse de quelques pourcents.
- Le volume minimum du négociant : beaucoup de ferrailleurs imposent un poids minimum par lot. Stocker en dessous de ce seuil, c’est perdre en pouvoir de négociation au moment de la vente.
Cours du cuivre et recyclage : le vrai signal pour les petits volumes
Pour les petits producteurs de ferraille cuivre (électriciens, plombiers, particuliers qui récupèrent des câbles), la question du stockage se pose différemment. On parle souvent de quelques dizaines de kilos accumulés sur plusieurs mois.
À ces volumes, le coût d’opportunité du stockage dépasse presque toujours le gain potentiel. Les retours varient sur ce point, mais la plupart des professionnels du tri et du recyclage s’accordent sur une règle simple : en dessous d’une centaine de kilos, vendre dès que le prix proposé par le ferrailleur local paraît correct par rapport au cours LME du jour.
Le piège classique consiste à attendre un « pic » qui ne vient jamais, ou qui survient pendant une semaine où l’on ne peut pas se déplacer. Après une année 2025 marquée par une hausse soutenue du cuivre au LME, parier sur une poursuite linéaire relève plus du pari que de la stratégie.
Surveiller le bon indicateur avant de vendre
Le prix affiché par votre ferrailleur local n’est pas le cours LME. Il intègre une marge de négoce, un coût de transport et parfois une décote qualité. Deux réflexes utiles :
- Comparer le prix proposé au kilo avec le cours LME du jour converti en euros. L’écart acceptable tourne autour de la marge habituelle du négociant, mais tout écart anormalement large signale une mauvaise affaire.
- Vérifier si le négociant applique une prime ou une décote liée à la qualité : du cuivre millberry (câble dénudé propre, sans soudure ni alliage) se paie mieux que du mêlé ou du câble gainé non trié.
- Suivre la tendance sur quelques semaines plutôt que de réagir à un cours journalier. Le cuivre peut perdre plusieurs pourcents en une semaine sur un mouvement spéculatif sans que les fondamentaux changent.

Risques réglementaires sur le cuivre en 2026 : un facteur de prix sous-estimé
La surtaxe américaine de 50 % sur les produits cuivre semi-transformés a redistribué les flux mondiaux de métaux. Du cuivre qui partait vers les États-Unis se retrouve disponible sur le marché européen, ce qui peut peser sur les prix locaux à court terme.
Pour un stockeur, le risque ne vient plus seulement de la volatilité du cours mais de décisions politiques. Si les droits annoncés sur le cuivre raffiné entrent en vigueur en 2027-2028 comme prévu, la production européenne de câbles et de tubes pourrait bénéficier d’un avantage compétitif temporaire, tirant la demande locale vers le haut.
À l’inverse, un retournement de politique commerciale américaine ou un ralentissement de la demande chinoise pourrait faire chuter les cours rapidement. Stocker du cuivre sur plusieurs mois en 2026 revient à prendre une position sur un marché influencé par des variables géopolitiques que personne ne maîtrise.
La meilleure approche pour la majorité des acteurs du recyclage et de la ferraille reste pragmatique : vendre régulièrement à un prix jugé correct plutôt que de spéculer sur un sommet. Le cuivre au kilo se négocie à des niveaux historiquement élevés. Attendre plus haut, c’est accepter le risque symétrique d’une correction.

