Salaire de Maire de Paris : ce que toucherait un successeur en 2026

8 434,31 euros bruts mensuels. Cette somme n’a rien d’une estimation hasardeuse, mais d’un plafond légal minutieusement fixé pour le maire de Paris depuis 2017. Paris, ville-monde, ne joue pas dans la même cour que les autres communes françaises : la loi lui réserve un régime à part, entre majorations ciblées et règles de cumul des mandats. Les chiffres affichés varient selon que le futur maire s’engage à plein temps ou préfère déléguer, et ils gonflent parfois avec les indemnités liées à d’autres responsabilités électives.

Ce système d’indemnités connaît des révisions régulières, portées par les revalorisations légales ou les changements du point d’indice de la fonction publique. Les chiffres officiels, eux, offrent un terrain de comparaison direct avec ce qui se pratique à Londres, Berlin ou Madrid.

Comprendre combien touche le maire de Paris, c’est naviguer entre texte de loi et usages politiques. Le montant de l’indemnité de fonction s’appuie sur l’indice brut terminal (IB 1027), soit 4 110,52 euros bruts depuis janvier 2024, sans oublier que ce chiffre pourra progresser à l’horizon 2026. Comptant parmi les rares villes à atteindre le plafond maximal, Paris permet à son ou sa première magistrate de toucher jusqu’à 7 912,76 euros bruts par mois, en dehors des frais accessoires.

Chaque fois qu’une équipe municipale débute son mandat, le conseil vote la somme exacte de cette indemnité lors d’une session publique. Ce montant est imposable, soumis aux cotisations sociales, et bénéficie, dans les communes de plus de 100 000 habitants, d’une majoration de 40 %. Ce jeu d’échelles reste cependant verrouillé : aucune addition d’indemnités ne doit dépasser 8 897,93 euros mensuels. La somme adoptée doit figurer dans le procès-verbal du conseil municipal, la transparence s’étend jusque-là, avec la possibilité de revoir ce chiffre à la baisse si le maire ou la majorité en décide ainsi.

Un détail à noter : la loi Gatel, promulguée fin 2025, redessine le paysage. Prévue pour s’adapter en fonction des augmentations du point d’indice, elle entérine la revalorisation automatique dès chaque hausse. Ces ajustements, validés par le Parlement, touchent les maires tout comme les conseillers municipaux. Pour suivre ces évolutions, un tableau officiel mis à jour chaque année poursuit la traçabilité des chiffres.

Homme regardant vers l

Comment la rémunération du maire de Paris se compare-t-elle à celle d’autres grandes villes européennes et figures politiques ?

Le maire de Paris trône en haut du tableau français. Avec un plafond à 7 912,76 euros bruts mensuels pour 2026, l’écart saute aux yeux face à d’autres métropoles du pays. À Lyon ou Marseille, la limite est fixée à 5 960,26 euros. Pau descend à 4 521,58 euros. Même Bordeaux n’a rien de comparable à la capitale.

Ce fossé s’explique autant par la taille que par le statut particulier accordé à Paris. Les villes de moindre envergure restent à distance : dans les communes de moins de 500 habitants, le chiffre tombe à 1 048,20 euros mensuels.

Un rapide coup d’œil sur le panorama politique national le confirme encore : un Premier ministre ou un ministre d’État touche un peu plus de 15 000 euros bruts chaque mois. Pour un député, l’indemnité s’établit autour de 7 637 euros. En régions ou départements, même au sommet, les indemnités ne dépassent guère les 6 000 euros. Paris voisine le sommet, sans pour autant égaler la sphère gouvernementale.

À l’échelle européenne, le contraste se renforce. Londres verse près de 160 000 livres sterling par an à son maire, soit presque 15 000 euros mensuels, quasiment le double du plafond parisien. Berlin n’est pas en reste, avec un maire-gouverneur approchant les 13 000 euros par mois. Malgré son prestige et la promesse de revalorisations, la charge parisienne reste en retrait par rapport à ses voisines continentales. Les réformes récentes ne comblent pas la différence, même si elles offrent une bouffée d’air à la magistrature locale.

En 2026, celui ou celle qui prendra la tête de la mairie de Paris héritera non seulement d’une indemnité significative, mais aussi d’un symbole : la capitale assume son rang, ses restrictions comme ses privilèges. Mais dans ce match des grandes villes, rien ne dit que la hiérarchie restera figée, car l’histoire politique aime, parfois, bouleverser la donne.

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