On remplit sa déclaration de revenus, on arrive aux cases relatives aux revenus de capitaux mobiliers, et là, la case 2BH pose question. Ce montant, pré-rempli ou à corriger, correspond aux revenus déjà soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) pour lesquels on souhaite opter pour le barème progressif. Mal renseignée, cette case fausse le résultat de n’importe quel simulateur d’impôt 2026, et l’écart peut se chiffrer en centaines d’euros sur l’avis final.
Case 2BH et option pour le barème : le mécanisme que les simulateurs n’expliquent pas
La case 2BH recueille le montant des revenus de capitaux mobiliers déjà soumis au PFU (flat tax à un taux forfaitaire global) que le contribuable choisit de soumettre au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Ce choix est global : on ne peut pas appliquer le barème à ses dividendes et conserver la flat tax sur ses intérêts.
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Sur le simulateur officiel impots.gouv.fr comme sur les outils tiers, la case 2BH doit être renseignée manuellement dès lors qu’on coche l’option barème. Si on l’oublie, le simulateur traite ces revenus comme s’ils n’existaient pas dans le calcul au barème, tout en conservant le prélèvement déjà opéré. Le résultat affiché est alors faux, parfois en votre faveur apparente, mais le fisc recalcule de son côté.

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Concrètement, on reporte en case 2BH la somme des revenus de capitaux mobiliers figurant sur l’imprimé fiscal unique (IFU) transmis par la banque ou le courtier. Ce montant inclut dividendes, intérêts de comptes à terme, coupons obligataires. Vérifier l’IFU ligne par ligne reste la seule façon fiable de remplir cette case, car les montants pré-remplis comportent parfois des erreurs, notamment quand on détient des comptes dans plusieurs établissements.
Simulateur d’impôt 2026 : quand le barème progressif bat la flat tax sur les dividendes
L’intérêt d’opter pour le barème plutôt que le PFU dépend directement du taux marginal d’imposition (TMI) du foyer. Pour un foyer dont le TMI est dans les tranches basses du barème, le barème progressif combiné à l’abattement applicable sur les dividendes peut réduire la facture fiscale par rapport à la flat tax.
Pour tester ce scénario, on lance deux simulations sur le même outil :
- Une première simulation sans cocher l’option barème, en laissant les revenus de capitaux mobiliers soumis au PFU par défaut.
- Une seconde simulation en cochant l’option barème et en reportant le montant exact en case 2BH, ce qui réintègre ces revenus dans le revenu imposable global.
- On compare les deux résultats nets, en tenant compte du fait que l’option barème ouvre droit à l’abattement sur les dividendes, absent sous le régime PFU.
La différence entre les deux montants d’impôt donne la réponse. Quand les revenus du foyer hors capitaux mobiliers sont modestes, l’option barème génère souvent une économie nette grâce au jeu de l’abattement et des tranches basses.
Erreur fréquente : oublier que l’option barème s’applique à tous les revenus mobiliers
On voit régulièrement des contribuables qui cochent l’option barème en pensant ne soumettre que leurs dividendes. Les intérêts de livrets fiscalisés, les coupons, les plus-values mobilières suivent le même régime. Le simulateur intègre alors l’ensemble dans le barème progressif, ce qui peut faire basculer le TMI vers la tranche supérieure.
Avant de valider, on vérifie que le total en case 2BH correspond bien à la somme de tous les revenus mobiliers concernés, pas seulement aux dividendes.
Crédit d’impôt pour investissements agricoles durables et case 2BH : un cas d’usage méconnu
Les dispositifs fiscaux liés aux investissements dans l’agriculture durable (crédits d’impôt verts, réductions pour souscription au capital de certaines structures agricoles) interagissent avec l’option barème d’une manière que la plupart des simulateurs généraux ne modélisent pas.
Quand on opte pour le barème via la case 2BH, le revenu imposable global augmente puisque les revenus mobiliers y sont réintégrés. Cette hausse du revenu imposable peut, dans certains cas, modifier le montant effectif de crédits d’impôt soumis à un plafonnement ou à un calcul en fonction du revenu fiscal de référence.
Pour un exploitant ou un investisseur qui a souscrit au capital d’une société agricole éligible, l’arbitrage entre PFU et barème ne se limite pas au taux d’imposition. Il faut aussi vérifier si le passage au barème ne fait pas franchir un seuil de revenu fiscal de référence qui réduirait l’avantage d’un crédit d’impôt vert.
Comment vérifier cette interaction dans un simulateur
Les simulateurs en ligne, y compris celui d’impots.gouv.fr, permettent de saisir les crédits et réductions d’impôt dans les rubriques dédiées. On procède en deux temps :
- On renseigne d’abord le simulateur avec l’option PFU (sans case 2BH), puis on note le montant du crédit d’impôt retenu après plafonnement.
- On relance la simulation avec l’option barème et la case 2BH remplie, et on observe si le crédit d’impôt retenu a changé, notamment à cause du revenu fiscal de référence recalculé.
- Si le crédit d’impôt diminue sous le régime barème, on compare cette perte avec l’économie d’impôt générée par le barème progressif pour déterminer l’option la plus avantageuse.
Les retours varient sur ce point selon la configuration du foyer et le type exact de dispositif agricole. Aucun simulateur grand public ne signale automatiquement ce type de conflit entre option barème et plafonnement des niches fiscales.

Déclaration 2026 : check-list avant de valider la case 2BH
Avant de soumettre sa déclaration ou de considérer le résultat d’un simulateur comme fiable, quelques vérifications pratiques s’imposent sur la case 2BH et l’option barème.
On commence par rassembler tous les IFU reçus. Chaque établissement financier envoie le sien, et il faut additionner les montants de revenus mobiliers de chacun. Un IFU manquant fausse le total en case 2BH et déclenche potentiellement un écart lors du contrôle automatisé de l’administration.
On vérifie ensuite la cohérence entre les cases 2DC (dividendes), 2TR (intérêts), 2CG (plus-values) et le montant global reporté en 2BH. La case 2BH doit correspondre au total des revenus pour lesquels on demande le barème, pas à un montant partiel.
Enfin, on garde en tête que l’option pour le barème, une fois validée sur la déclaration, s’applique à l’ensemble des revenus mobiliers du foyer pour l’année fiscale concernée. Revenir en arrière n’est possible que dans le délai de déclaration rectificative. Lancer deux simulations comparatives avant de cocher cette option reste la méthode la plus sûre pour éviter une mauvaise surprise sur l’avis d’imposition.

