Le laiton ne dispose d’aucune cotation officielle sur les marchés de matières premières. Son prix est reconstruit localement par chaque ferrailleur à partir des cours du cuivre et du zinc, pondérés selon l’alliage réceptionné. Cette absence de référence unique explique des écarts de tarifs parfois supérieurs à un euro par kilo entre deux sites distants de quelques kilomètres.
Composition de l’alliage et décote appliquée par les ferrailleurs
Un laiton standard type CuZn37 contient environ 63 % de cuivre et 37 % de zinc. Le ferrailleur calcule la valeur théorique du kilo en combinant les cours LME du cuivre et du zinc, puis applique une décote qui couvre ses frais de traitement, de transport et sa marge.
Cette décote varie selon le volume apporté, la qualité du tri et la politique commerciale du site. Sur un lot de robinetterie bien nettoyé, la décote reste contenue. Sur des tournures mélangées ou des pièces avec joints et plastiques, elle grimpe fortement, voire entraîne un refus de réception.
Nous observons que la prime au tri est devenue un critère central en 2026. Les ferrailleurs exigent le retrait des flexibles, des têtes de robinet en plastique, des soudures et de toute impureté avant pesée. Un lot souillé sera systématiquement déclassé.
Laiton propre, laiton souillé : deux marchés distincts
Les grilles tarifaires affichent généralement deux lignes pour le laiton. En août 2026, un suivi de marché sur six ferrailleurs français relevait une fourchette de 5,00 à 6,10 euros le kilo pour du laiton propre, avec une moyenne de 5,48 euros. Le laiton souillé se négocie nettement en dessous, certains sites l’affichant autour de 4,20 euros le kilo.
L’écart entre ces deux catégories dépasse souvent un euro. Trier, démonter et nettoyer ses pièces avant de les apporter reste le levier le plus rentable pour le vendeur.

Écarts de prix entre ferrailleurs : comparer avant de vendre
Les tarifs relevés sur différents sites d’achat illustrent une dispersion significative. Un ferrailleur en Île-de-France affiche 5,20 euros le kilo en laiton propre, un autre en région lyonnaise propose un tarif différent, et un troisième en banlieue parisienne se positionne à 4,90 euros. Comparer au moins trois acheteurs locaux avant de vendre un lot de laiton n’est pas un conseil générique, c’est une nécessité arithmétique.
Plusieurs facteurs expliquent ces écarts :
- La proximité d’une fonderie ou d’un affineur qui rachète directement le laiton trié réduit les coûts logistiques du ferrailleur, ce qui se répercute sur le prix d’achat proposé au particulier ou à l’artisan.
- Le volume du lot présenté influence la négociation. Un apport de quelques kilos sera payé au tarif affiché, tandis qu’un lot de plusieurs centaines de kilos ouvre une discussion sur le prix unitaire.
- La politique de pesée diffère d’un site à l’autre. Certains ferrailleurs déduisent un pourcentage forfaitaire pour les impuretés résiduelles, d’autres pèsent après tri visuel. Nous recommandons de demander les conditions de pesée avant de décharger.
Tarifs en ligne et tarifs réels
Les prix affichés sur les sites web des ferrailleurs sont indicatifs. Ils servent de base de négociation, pas de tarif garanti. Un prix mis à jour en début de semaine peut évoluer si le cours du cuivre LME fluctue de plusieurs pourcents dans la même période.
Appeler le matin pour confirmer le tarif du jour est une pratique courante dans le métier. Le prix affiché en ligne n’engage pas le ferrailleur au moment de la pesée.
Réglementation et documents pour la vente de laiton
La vente de métaux non ferreux à un ferrailleur est encadrée. Le paiement en espèces est interdit, quel que soit le montant. Le règlement se fait par chèque ou virement bancaire.
Le vendeur doit présenter une pièce d’identité en cours de validité. Le ferrailleur est tenu d’établir une facture et de conserver un registre de ses achats, dans le cadre des obligations de traçabilité imposées par la réglementation sur les installations classées pour la protection de l’environnement.
Pour les professionnels (plombiers, chauffagistes, entreprises de démolition), un bordereau de suivi des déchets (BSD) peut être exigé selon la nature et le volume des lots. Les contrôles DREAL sur la traçabilité se sont renforcés ces dernières années, et un ferrailleur en règle refusera un lot sans documents conformes.

Laiton, bronze et cuivre : hiérarchie des prix chez le ferrailleur
Le laiton se positionne en dessous du cuivre dénudé et du bronze dans la grille tarifaire d’un ferrailleur. Le cuivre rigide rouge, qualité la mieux rémunérée, s’échange au-dessus de 10 euros le kilo sur certains sites en 2026. Le bronze propre se négocie autour de 5,50 euros le kilo.
Le laiton propre, avec sa moyenne constatée proche de 5,50 euros, se rapproche donc du bronze. En revanche, un lot de laiton souillé vaut sensiblement moins qu’un lot de bronze correctement trié.
| Métal | Fourchette indicative (août 2026) |
|---|---|
| Cuivre dénudé rigide rouge | Supérieur à 10 euros/kg |
| Cuivre mêlé (tuyaux) | Autour de 9 euros/kg |
| Bronze propre | Environ 5,50 euros/kg |
| Laiton propre | 5,00 à 6,10 euros/kg |
| Laiton souillé | Autour de 4,20 euros/kg |
Ce tableau s’appuie sur les tarifs relevés sur plusieurs grilles de ferrailleurs français en août 2026. Les prix varient selon la région et le site.
Maximiser la valeur d’un lot de laiton : les gestes qui paient
Le démontage complet des pièces reste le premier réflexe rentable. Un robinet avec sa tête en plastique et son flexible sera pesé en laiton souillé. Le même robinet débarrassé de ses accessoires passe en laiton propre, soit un gain d’environ un euro par kilo.
Séparer le laiton des autres métaux non ferreux (cuivre, bronze, zinc) évite un déclassement du lot entier en catégorie « mélange » ou « mixte », toujours moins bien payée. Un tri rigoureux par nature de métal représente le meilleur levier de valorisation.
Regrouper ses lots pour atteindre un volume suffisant permet aussi de négocier. Un apport régulier et bien trié fidélise le ferrailleur et ouvre la porte à des conditions tarifaires légèrement supérieures au prix affiché. Les professionnels qui génèrent des chutes de laiton en continu ont intérêt à formaliser un accord cadre avec un ou deux acheteurs locaux plutôt que de vendre au coup par coup.

